Rétrospective

Le mouvement

 

…C’est une tout autre optique qui a retenu l’attention ambiguë d’André LeBlanc. Le mouvement de zébrure s’impose. D’abord on ne voit qu’elles, et elles empêchent l’œil de se reposer un instant ; il le faut en effet car on croit être à mi-chemin d’une histoire de momie et de naissance comme si l’on assistait à une résurrection. Il est frappant ici de remarquer que l’auteur semble ne pas vouloir montrer ce qu’il fait voir, caprice du photographe ? non, sans doute ; mais l’interrogation de l’imaginaire : « Qui es-tu toi que je ne vois pas et que je soupçonne ? »

On ne verra jamais le personnage qui laisse pourtant l’impression, proche du malaise, qu’il est le théâtre de forces contradictoires dont l’auteur rend compte par d’insistant jeux de lignes ; celles-ci suggérant d’abord un étirement qui semble promettre une apparition pour finalement s’anéantir dans un tiraillement équilibré et douloureux entre la vie et la mort.

Les corridors de la mort pourraient être pleins de ces visions où ceux qui furent naguère ne se résolvent pas à n’être plus du tout.

Il est excellent, sur le thème du mouvement, d’avoir fixé le choix, d’une turbulence intérieure. On souhaiterait un approfondissement et prolongement de ce travail riche en suggestions.…

 

Hubert Ordronneau 

 

 

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